Une salle de bain vieillissante dans un logement loué met beaucoup de locataires devant le même dilemme : améliorer une pièce qu’ils utilisent tous les jours, sans savoir jusqu’où ils ont le droit d’aller sans risquer un conflit, voire une retenue sur le dépôt de garantie au départ des lieux. La règle de base est fixée par la loi du 6 juillet 1989, le texte qui encadre les rapports entre bailleurs et locataires en France.
Ce que dit la loi sur les transformations
Le principe est plus restrictif que ce que beaucoup imaginent. Un locataire ne peut pas transformer les locaux ou les équipements loués sans l’accord écrit préalable du propriétaire, un accord qui doit être conservé précieusement en cas de litige au départ des lieux.
Le locataire est obligé de ne pas transformer les locaux et équipements loués sans l’accord écrit du bailleur. À défaut de cet accord, le bailleur peut exiger du locataire, à son départ des lieux, la remise en l’état des locaux et équipements, ou conserver à son bénéfice les transformations effectuées, sans que le locataire puisse réclamer une indemnisation pour les frais engagés — article 7 de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989.
Concrètement, cela signifie qu’une travaux d’aménagement qui touche à la structure (déplacer une cloison, percer pour une nouvelle arrivée d’eau, remplacer une baignoire par une douche à l’italienne) doit systématiquement être validée par écrit avant d’être engagée, même si le locataire prend les travaux à sa charge.
Ce qui reste possible sans demander l’accord du propriétaire
À l’inverse, tout ce qui relève de l’entretien courant ou d’un aménagement réversible ne nécessite aucune autorisation. Repeindre les murs d’une couleur neutre, changer un rideau de douche, remplacer un meuble vasque amovible par un autre sans toucher à la plomberie fixe, poser des étagères vissées de façon classique : ces gestes relèvent de l’usage normal du logement, à condition de pouvoir remettre la pièce dans un état comparable au départ, sans dégradation.
Le rôle central de l’état des lieux
L’état des lieux d’entrée reste la référence à laquelle sera comparé l’état des lieux de sortie. Toute modification, même mineure, gagne à être photographiée et documentée au moment où elle est réalisée, pour pouvoir prouver qu’un défaut constaté au départ existait déjà à l’arrivée, ou que l’amélioration apportée n’a causé aucune dégradation. C’est un réflexe simple qui évite la plupart des litiges sur le dépôt de garantie.
Le cas particulier des équipements ajoutés par le locataire
Un locataire qui installe lui-même un équipement supplémentaire, comme un adoucisseur d’eau ou un meuble vasque suspendu qui nécessite un perçage dans le mur, se trouve dans une zone intermédiaire : l’ajout n’est pas une transformation de la structure, mais il modifie l’équipement existant. Dans ce cas, il est vivement conseillé d’obtenir l’accord écrit du propriétaire avant travaux, même quand le règlement de copropriété ou le bail ne l’exige pas formellement, ne serait-ce que pour éviter toute contestation sur la remise en état au départ. Un simple échange d’e-mails, conservé précieusement, suffit à constituer une preuve en cas de litige ultérieur.
Le rôle du décret décence dans les demandes de travaux
Dans l’autre sens, si la salle de bain ne respecte pas les critères minimaux fixés par le décret décence, notamment l’absence d’un point d’eau ou d’une évacuation fonctionnelle, c’est au propriétaire qu’il revient de réaliser les travaux, et non au locataire de pallier ce manquement à ses frais. Dans ce cas, une mise en demeure écrite, envoyée en recommandé, ouvre la voie à un recours si le propriétaire ne réagit pas.
En cas de doute, un interlocuteur gratuit existe
Avant d’engager des travaux sur une salle de bain louée, ou pour vérifier la portée exacte d’un accord verbal donné par un propriétaire, les ADIL (agences départementales d’information sur le logement) offrent un conseil juridique gratuit et neutre, sans lien avec ni le bailleur ni le locataire. C’est souvent le moyen le plus rapide de clarifier une situation avant qu’elle ne dégénère en conflit. Pour la suite des travaux dans un logement, la rubrique Travaux & Rénovation détaille aussi l’ordre à respecter pour une rénovation complète de salle de bain.
Le réseau des ADIL, coordonné au niveau national par l’ANIL, permet de trouver l’antenne la plus proche de son département.







